Xavier Dolan est un jeune homme qui n'a pas marché dans les sentiers battus. Il m'a mentionné avoir vécu une mauvaise expérience au Cégep, une histoire assez désastreuse pour qu'il abandonne l'école et décide de faire ce film avec son propre argent. Cette histoire, elle lui est sorti du ventre en deux temps trois mouvements. C'est en essuyant une série de refus pour produire son film qu' il a pris le temps peaufiner son scénario et, n'ayant toujours aucune aide financière, il a décidé de tourner J'ai tué ma mère sans le partenariat des institutions. On connaît la suite, sélection au Festival de Cannes, trois prix raflés à la Quinzaine des réalisateurs, "succes story".
Jusqu'à il y a deux ans, je n'avais jamais senti ce que pouvait être cette douleur, cette rage qui provoque un désir profond assez fort pour extirper le meilleur de soi et créer quelque chose d'unique. Jusqu'au jour où j'ai voulu changer de carrière et faire un saut dans les médias. Je me suis mise à cogner à toutes les portes, celle des producteurs télé et des directeur des programmes pour essayer d'obtenir un emploi. Comme Xavier, je n'ai eu de réponses que par la négative. C'est peut-être alimentée par un trop plein de rejets, de refus, d'ignorance même de la part de certaines personnes et, démunie de toute aide, que le projet du Tapis rose a germé. Avec cette résistance de l'industrie, j'ai fini par me construire, avec mon propre argent, un véhicule à mon image, fait sur mesure pour construire ma notoriété et mon expérience télévisuelle, quelque chose de mieux que n'importe quel premier emploi qu'on aurait pu m'offrir dans une chaîne télé.
Xavier m'inspire, non pas que je compare le succès de J'ai tué ma mère au Tapis rose, mais je reconnais maintenant cet acharnement, cette urgente façon de faire autrement dans l'unique but de survivre. C'est lorsque des portes se ferment que l'être humain doit se réinventer, penser différemment. Lorsque j'ai rencontré Xavier cette semaine je me suis rappelée, encore une fois, qu'on ne sait jamais combien près de la réussite nous sommes. Il m'a redonné le goût de croire... de continuer.
Pour voir la vidéo sur le film j'ai tué ma mère: